AÏKIDO

Un Art Martial…

L’art martial qu’est l’aïkido a acquis depuis quelques années une grande notoriété au Japon, sa terre natale, comme à l’étranger. Cette popularité est la conséquence naturelle de son développement constant au cours des quatre dernières décennies et de sa récente apparition dans des films américains qui ont été vus par des centaines de millions de spectateurs. Même si le public le considère à juste titre comme un art martial, il a tendance à faire un amalgame entre l’aïkido et d’autres arts de combat bien connus, tels que le judo, le karaté, le kung-fu et le taekwondo.

…différent

En quoi l’aïkido diffère-t-il de ces autres arts martiaux ? Hormis des différences techniques évidentes, l’aïkido est unique du fait qu’il est exclusivement un art de défense. L’aïkido ne comporte pas de techniques d’attaque, révélant en cela ses principes philosophiques et éthiques, alors que d’autres arts martiaux possèdent à la fois des techniques offensives et des techniques défensives. Bon nombre d’entre eux en sont venus à privilégier l’aspect sportif de la pratique. C’est le cas du judo, sport olympique depuis 1964, du karaté, du taekwondo et de divers autres arts martiaux. Pour beaucoup de pratiquants de ces disciplines, la participation aux compétitions et la victoire sont plus importantes que le fait d’apprendre des techniques de défense.
En aïkido, l’accent est mis sur le développement spirituel de l’individu à travers l’acquisition de techniques défensives. La dimension éthique de l’aïkido imprègne tous les aspects de sa pratique, que ce soit sur le tatami ou en dehors de celui-ci. Dans la philosophie du fondateur, Morihei Ueshiba, l’aïkido est un moyen d’unir les gens dans une « famille universelle« . Il ne s’agit pas de blesser les autres, mais plutôt de « se protéger de manière bienveillante« . Lors d’une confrontation physique, l’idéal pour le pratiquant chevronné d’aïkido est de se servir uniquement du contrôle nécessaire à la neutralisation de l’attaque en cherchant à éviter de blesser l’agresseur. En fait, les adeptes sincères de l’aïkido aspirent à atteindre un niveau encore plus élevé en essayant d’être sensible au conflit et à la violence potentielle en toutes circonstances, que ce soit sur le plan relationnel, social ou autre. Il faut anticiper les situations de confrontation physique et les éviter totalement en cultivant la confiance en soi, la lucidité et l’intuition. Atteindre ce but requiert inévitablement de nombreuses années de pratique assidue. Mais l’aïkido est la discipline de toute une vie et une pratique authentique aboutit à des progrès techniques constants, ainsi qu’à une meilleure compréhensio n de la nature humaine.

L’aïkido, dont les objectifs sont distincts de ceux d’autres arts de combat, a tendance à attirer les personnes intéressées par ses concepts d’harmonie dans les échanges et ses principes de résolution des conflits. Ceux qui recherchent essentiellement l’acquisition de techniques de combat pour se défendre dans la rue ou pour gagner des compétitions s’orientent tout naturellement vers d’autres arts martiaux. Pourtant, il serait faux de supposer que la pratique de l’aïkido n’est pas vigoureuse ou que ses techniques sont inefficaces. Pratiqué de la manière traditionnelle telle qu’elle était enseignée par son fondateur, l’aïkido conserve de toute évidence un caractère martial. Les techniques sont exécutées fermement, mais sans intention violente. De puissants blocages articulaires et des immobilisations permettent le contrôle e t la neutralisation de l’adversaire sans lui causer de blessure ou de traumatisme. L’aïkido comporte en fait des techniques capables de causer de sérieux dégâts corporels et même d’entraîner la mort, mais ses principes interdisent d’avoir un comportement aussi destructeur.